Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’un artiste internationalement connu dont vous avez certainement déjà entendu parler, et sinon je vous invite vivement à le découvrir. Il s’agit d’Olafur ELIASSON, un artiste d’origine danoise, né à Copenhague en 1967 et actuellement établi à Berlin. Il est devenu célèbre grâce à ses nombreuses installations qui visent essentiellement à perturber et déstabiliser nos repères sensoriels

« Il faut perdre ses repères pour découvrir, avoir une expérience, comme lorsqu’on regarde un train traverser la montagne. Sentir avant de penser. Garder ses sens en éveil et son esprit critique. » Olafur ELIASSON

C’est Laurence DREYFUS, la directrice de la Galerie « Espace Muraille », qui accueille en ce moment même, une sélection de 16 œuvres de l’artiste entre les murs de sa galerie. Le vernissage de l’exposition a eu lieu le mardi 22 janvier 2018, et l’exposition est encore visible jusqu’au 28 avril 2018.

Au passage j’en profite pour vous parler de l’Espace Muraille que j’ai découvert l’occasion du vernissage.
C’est une galerie assez récente dissimulée dans les remparts de la vieille ville, à proximité du MAH (Musée d’Art et d’Histoire de Genève). Elle passe quasiment inaperçue depuis la rue… j’étais d’ailleurs passé un bon nombre de fois devant auparavant, sans même la remarquer !

Quelle surprise de découvrir l’ampleur de la galerie que rien ne laisse soupçonner au premier abord. Je ne m’attendais pas à un espace intérieur aussi vaste en franchissant la porte de l’entrée. Surprenant !

Pour cette exposition intitulée « Objets définis par l’activité » , Olafur nous invite à travers plusieurs réalisations à remettre nos préjugés perceptifs en question…

Objets suspendus, formes géométriques colorées, jeux de miroir, arrêts sur image… reflets et réflexion l’artiste nous entraîne dans un tourbillons de surprises.

Chaque installation est unique… et arrive a captiver le spectateur de manière à le rendre acteur de l’œuvre qu’il observe. Le rôle du spectateur est primordial dans le travail de l’artiste, car tout dépend de sa position par rapport à l’œuvre.

Olafur ELIASSON considère son atelier comme un studio-laboratoire où le questionnement, la recherche et l’expérimentation constituent la base essentielle de sa démarche artistique.

 

« Un artiste est impliqué dans la vie, dans la réalité du monde, dans l’idée du progrès. Mon studio est construit sur cet engagement. » Olafur ELIASSON

L’une des installations qui m’a le plus impressionnée met en scène une sorte de pierre volcanique à demi peinte en blanc, laquelle est suspendue devant un miroir grossissant à l’aide d’un fil quasi invisible.

En se postant pile à l’axe du miroir on disparait comme par magie derrière la pierre… et on plonge dans un univers surprenant !

 

Une sorte d’univers impermanent qui évolue perpétuellement en fonction de la révolution naturelle effectuée par la pierre suspendue devant… Suivant la face reflétée dans le miroir, on passe successivement d’un univers blanc et lumineux, à un univers bipolaire, avant de plonger dans un monde plus sombre.

Surface lunaire… Blanc – Noir/Blanc – Blanc/Noir – Noir… le Ying et le Yang… Hypnotisant.

 

Un peu plus loin, suspendu au dessus de l’escalier qui donne accès au sous-sol de la galerie et placé au centre d’un cerceau de fer, un losange allongé et coloré, une forme épurée… élégante…

Observée de face la sculpture tridimensionnelle disparait au profit d’une sculpture bidimensionnelle, sans profondeur… Le tube devient rond et le losange s’aplatit.

 

Au sous-sol de la galerie, un énorme disque noir dissimule une source lumineuse chaude et intense…

Telle une énorme éclipse solaire.

Mais la partie la plus impressionnante se trouve dissimulée derrière un épais rideau noir.
En entrant, il faut un petit temps d’accoutumance avant de pouvoir apprécier pleinement le spectacle qu’Olafur nous offre… car il s’agit d’une installation complètement plongée dans le noir!

3 fontaines disposées sur trois podiums… éclairées à l’aide d’une lumière stroboscopique postée au dessus de chacune des fontaines qui les fait apparaitre et disparaitre par flash intermittents.
La lumière furtive permet ainsi de décomposer visuellement le mouvement de l’eau et de le figer dans l’espace comme sur la pellicule d’un appareil photo.

On observe donc en temps réel la danse de l’eau,

un véritable ballet.  Captivant…

Au lieu de paraitre lisse et fluide telle qu’elle est en réalité, l’eau se fige en une sculpture qui se transforme à chaque nouveau flash de lumière… Telle une ballerine qui serait photographiée en rafale, l’eau de la fontaine se mue en une sculpture vivante

…Telle une prodigieuse danseuse révélée par la lumière.

Fascinant !

Vous avez donc jusqu’au 28 avril 2018, pour aller découvrir toute ces installations de vos propres yeux et vous laisser surprendre à l’Espace Muraille !

 

« Des Objets définis par leur Activité » by Olafur ELIASSON

Exposition du 24 janvier au 28 avril 2018 @ Espace Muraille

5 PLACE DES CASEMATES – 1211- Genève – SUISSE