Bonjour,

Après quelques mois d’absence, me voici de retour sur la toile pour partager ma dernière découverte… alors bonne lecture !

Dans le cadre d’Octobre Rose, Linda KAMAL, créatrice et directrice de la fondation OTIUM,  a décidé de transformer le centre de soutien pour le cancer qu’elle vient d’ouvrir, en galerie d’Art éphémère.

Pour cette première édition, ce sont les artistes Arthur SIMONY et Fred BERTHOLD qui ont été invités.  L’exposition s’intitule « Esprits Poétiques »… et effectivement ce sont des œuvres pleines de poésie et de douceur que nous livrent ici ces deux artistes.

Les sculptures introspectives de Fred Berthold sont porteuses d’un message qui nous invite à plonger au cœur de notre être profond pour en révéler l’essence même tandis que les tableaux d’Arthur Simony, eux, diffusent une aura protectrice et bienveillante.

A l’occasion du vernissage qui a eu lieu le 2 Octobre 2018, j’ai pu rencontrer et découvrir l’œuvre de ces deux artistes passionnés et passionnants que je vais vous présenter.

Fred Berthold Hofmann est un artiste hors du commun…
Né de parents allemands, en 1966, à Genève, il grandit au sein de l’entreprise de construction métallique fondée par son père et se passionne pour la technique mécanique.

De nature créative il est sans cesse à l’affut de nouvelles idées et participe à la conception de nombreux meubles, objets, lampes qu’il rend chacun unique par son intervention.
Depuis quelques années, en parallèle du métier qu’il exerce à la perfection, Fred s’est orienté sur un chemin plus artistique, plus personnel qu’il exprime à travers des séries d’œuvres.

Ses premières séries, intitulées « Etre Intérieur » sont le fruit d’une longue recherche personnelle.

Pour lui, à chaque Être correspond une forme géométrique…
il s’identifie lui même à un cube qu’il met en scène dans ses diverses sculptures…
un cube poli-miroir avec 6 faces à découvrir et explorer.

L’une de ses sculptures, exposée dan le Jardin d’Otium, est constituée de trois barres de ferraille de béton récupérées, assemblées et fixées sur un socle.


A travers cette dernière, Fred souhaite démontrer l’impact et les répercussions que peuvent avoir des paroles violentes sur un individu… En effet, si l’on frappe l’une des barres, les vibrations se propagent jusqu’au socle et font vibrer les deux autres barres, sans même que celles-ci n’aient eu besoin d’être directement touchées. Elles entrent en résonance avec la vibration de la barre violentée… et l’ensemble de la sculpture se met à trembler… tout comme nos émotions et notre environnement sont étroitement liés. A méditer…

L’œuvre intitulée « Colère » semble presque crier dans le jardin du centre…

Ces sculptures sont non seulement faites pour être contemplées, mais aussi pour être appréhendées… touchées, caressées…

D’apparence froide et rigide, ces sculptures en métal, sont en réalité douces et chaleureuses au toucher… on aurait presque envie de les caresser et de les prendre dans nos bras…
Souvent traversé ou enserré par des éléments d’acier, le cube poli-miroir qu’il met en scène, reflète l’âme de l’artiste à un instant T… émotions figées… bouleversant témoignage…
L’artiste tente de se connaître lui même a travers les sculptures qu’il crée.

Un véritable travail d’introspection… Superbe !

Quand aux tableaux d’Arthur Simony, ils rayonnent sur les murs du centre et diffusent une énergie incroyable… à l’image de leur créateur.

L’artiste est un fervent admirateur du peintre Amedeo MODIGLIANI, en qui il trouve beaucoup de similitudes. Apparemment, ils sont nés à un siècle d’intervalle… C’est vrai qu’il lui ressemble fortement… possible réincarnation du peintre disparu… D’ailleurs, son autoportrait, exposé dans l’espace de vie, composé de 4 portraits très colorés, s’intitule Jeanne, en hommage à la muse d’Amedeo…

Bouleversé par les attaques de Charlie Hebdo et du Bataclan survenus en novembre 2015… ce jeune homme parisien, âgé de 33 ans, issu du milieu Street Art s’est mit à écrire et dessiner frénétiquement suite aux attentats survenus à Paris… il s’est mis à écrire des petits papiers de protection, en s’inspirant de la méthode du Ho’oponopono, et en les chargeant de tout son amour pour protéger les gens de son entourage… il a ensuite développé et extrapolé le concept en réalisant de petits tableaux protecteurs.

Parmi ses dernières créations, un petit totem en bois qui pivote sur un socle, avec les 4 points fondamentaux du Ho’oponopono… «Je suis désolé, Pardon, Je t’aime, Merci… » inscrits sur chacune des faces… 4 phrases magiques qui guérissent tous les maux.

Calligraphie presque illisible, les mots sont pourtant bien présents… d’autant plus chargés des messages qu’ils véhiculent, en disparaissant dans la masse informe et colorée de ce qui s’apparente à des gribouillis sur la toile… Des gribouillis bien plus savants et plus puissants qu’ils n’en ont l’air au premier abord! Magnifique !

Il en résulte un méandre de lignes infinies, souvent monochrome.

Un amalgame de mots quasiment indécelables et qui passent inaperçus si l’on y prête pas attention et si on survole simplement la toile…

Les interstices naissant des lignes qui s’enchevêtrent sont aléatoirement remplis et colorés de couleurs vives selon l’inspiration de l’artiste, constituant une sorte de mosaïque multicolore qui rendent la lecture encore plus fastidieuse.

L’un d’eux s’intitule :

« Cher petit tableau, je m’aime et je suis formidable ! Merci »

 

Un super mantra pour toute personne qui lit le message. J’aime vraiment beaucoup le concept !

J’ai aussi beaucoup aimé la Prière de St François, un message plein d’amour qu’Arthur s’est empressé de retranscrire sur la toile lorsqu’il l’a découvert par hasard.

Je ne suis pas parvenue à lire la prière en entier… on devine certains mots.. mais la plupart sont illisibles… c’est ce qui rend ces tableaux si captivants !

D’après Arthur, cette prière de St François est particulièrement puissante. Un torrent de paroles et d’ondes positives !

Pour finir, j’ai été particulièrement impressionnée par la spirale d’amour infini,dans le couloir qui mène aux salles de soins… Tellement puissante !

Le mot AMOUR, écrit dans une spirale infinie à l’encre bleue… qui se fond dans la masse… et disparaît presque… pour en jaillir telle une vague déferlante quand on le lit enfin ! Renversant !

Je vous recommande vivement d’y faire un tour, de préférence le jeudi, car les artistes seront présents et vous entraineront dans une visite passionnante pour vous faire partager non seulement leur art, mais aussi et surtout pour vous révéler leurs parcours, leurs vies et leurs émotions.