« L’art, est à l’image de la création. C’est un symbole, tout comme le monde terrestre est un symbole du cosmos. » – Paul Klee.

L’art divertit. L’art émerveille. L’art questionne. L’art dérange, parfois.

Uğur Gallenkuş, @ugurgallen sur Instagram, est un artiste turc qui réside à Istanbul. Il crée des photomontages et collages de photos diverses. Il fait de son travail un moyen de rire et réagir de sujets politiques et sociaux d’actualité.

Il développe le pan politique de son travail en publiant des montages de figures politiques de la scène turque. Puis, constatant que les sujets difficiles ne sont pas cantonnés à son pays, Uğur applique progressivement son oeil critique à l’international.

Peu à peu, il repousse les limites de sa démarche artistique et s’aventure sur des terres inconnues. Il intègre pleinement dans son oeuvre la question de la justice sociale, s’inspirant d’artistes qu’il admire tels que Banksy et Paweł Kuczyński. Il veut dénoncer un monde où règnent la cupidité et l’injustice.

Pour cela, il utilise des images de guerre, principalement en Syrie, Irak, Afghanistan et Yémen. Dur et touchant à la fois, son premier photomontage fera référence au destin tragique d’Alan Kurdi, ce petit enfant dont la dépouille étendue sur une plage a ému la presse et le monde entier en septembre 2015.

Il fait partie de la série « Parallel Universe », qui appose et oppose des images de deux mondes qui se côtoient sans pourtant réellement se voir. Elle décrit le long chemin des réfugiés qui fuient la guerre en Syrie, traversant la Turquie pour rejoindre l’Europe, ainsi que ceux qui ne survivent pas à la traversée de la mer Egée. Cette série questionne également le public sur la différence de conditions de vie entre les pays développés, dont la vie tourne autour du luxe, du gaspillage, dans un climat de paix et ceux en voie de développement, pour qui la douleur, la faim et la guerre marquent le quotidien.


Il utilise la technologie et son pouvoir de toucher un public diversifié pour leur demander d’agir et de réagir, de combattre le statu quo. Il confie à AGDMag, ci-dessous, que pour lui, « … les réseaux sociaux ont un impact positif et permettent de sensibiliser le public. Je reçois des milliers de messages du monde entier. Les gens en ont marre des guerres, mais rien ne change. »

« I think [social media] is very positive and cause awareness.
I get thousands of messages from all around the world.
People are fed up with wars.
But there is nothing changing. »

Ses photomontages percutants adressent également un message d’espoir et de résilience aux habitants des pays en développement : ils peuvent être aussi forts et pacifiques que ceux des pays riches.

Uğur a souhaité nous laisser, confiant, avec une citation de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la Turquie : « Peace at home, peace in the world. »

Pour découvrir toute l’oeuvre d’Uğur, rendez-vous sur son profil Instagram et son e-shop. Personnes très sensibles s’abstenir, certains collages pouvant éventuellement choquer.